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Mutilation qui me berce, fissure de temps, hérésie de mon être, je perds la tête, en génuflexion devant mon destin achevé...Pourquoi l'amour vient il perturber mon décès érotique, pourquoi me tend il la main, alors que j'ai les poings liées et que mon esprit s'éloigne de tout ? J'ai débuté ma vie dans un lieu chaotique et je ne sais où je finirais... Je vois les heures m'échapper et cette âme malade qui se réfugie en toi, comme pour fuir ce MOI qui désire ardemment mourir. Quelle est cette étrange sensation de faiblesse qui me pousse à tisser un autre moi, sans regrets, près de toi, à jamais...Un sentiment bien bête et pauvre ! Enivrée par la liqueur de tous mes délires, je souffre et embrasse ma perte : Cette idée triste d'une quintessence du pire et d'un suicide aigre...La vie n'a fait qu'affluer mes regrets et je ne suis que son misérable pantin... J'aimerais croire que l'amour résorbera cette fade et imperturbable atmosphère de tristesse, j'aimerais que nos âmes se confondent dans l'insouciance. Laisse donc l'être aux rêves suspendus que je suis, t'offrir ses lèvres éperdues; nos vies ne sont plus cette indifférence des sens, je me mêle à toi d'une union intime : Soyons étroitement liés dans la joie et la peine.
Je suis un être puérile, stoïque prédisposée par son psychisme, vouée à l'exil humain, vaniteuse dont germe au fond de mes entrailles l'amour, plantée dans un cercle d'heures brèves et illusoires, cherchant un « ailleurs». Libre, empoisonnée par l'amertume, hantée jusqu'à l'usure fredonnant un refrain qui débute par : Souillée par le temps, je désire n'être qu'enfant, des jeux de mains, n'être rien, qu'un petit bout de tout qui grandira enfin. Après tout cela m'importe, je préfère n'être rien qu'une poupée désarticulée par le temps, suspendue sur un lit, ce berceau funèbre. Mon c½ur prend froid, le silence frisonne en moi, faut il pour que cesse ma peine, payer de mes veines ? J'aime ce qui est interdit, les plaisirs incorrects, ces jeux entres amis. On me voit, on sourie, on grelotte, on se dit, soit pas sotte, est ce un jeu ou tu meurs ? Je suis conquise par le pire, un amour divin pour mon être enfantin... j'en rougis, je suis vide, une ruine sans envie, à l'amour avide...
Je n'ai plus le temps de rien. Un papier froissé, quelques mégots cendrés et un début de texte à l'encre étalée comme un immense trou noir.
Jetée si salement dans les bras de la cigarette, oubliant de mornes journées où l'on m'eut prit pour une alitée en phase d'obésité. Mon cerveau enveloppé du tournoiement des ondes noires de mes yeux maquillés, se perd dans l'exagération mondaine de son malheur. Je me noie dans l'oubli & je fuis ce qu'en moi l'amour tente de m'acquérir...
Mon amour,
Seuls mes mots ont la chance d'effleurer ton âme & je m'abîmerais presque jalousement de la fortune que je leur attribue.
La créance de l'Amour que l'on se voue a mainte fois minimiser les probabilités que je vouais à la durée de notre relation. A cela s'ajoutait les médisances d'autrui.
Notre passion serait elle de l'hébreu pour eux ? Je n'en ai que faire à présent.
Ils ignorent ce qui vit & empoigne mon être, en moi ; ces plaisirs vifs de mon esprit coupés d'angoisses. L'angoisse que mes plaisirs me soient brutalement retirés & que dans la dépendance que mon âme à pour la tienne, j'agonise de souvenirs consumés par la ranc½ur. Le temps n'arrive pas à éteindre la volupté que j'éprouve lorsque la tonalité sensuelle de tes mots percute mes sens. Chacun de tes « je t'aime » donnent naissances à des palpitations furieuses de mon c½ur & j'imagine secrètement ta présence. Combien cela semble mièvre de débiter tout le dictionnaire de l'amour et pourtant il grandit en moi une véhémente fougue sentimentale.
Je ne pourrais nous frustrer de promesses incertaines, et ne puis garantir la permanence de notre attachement mutuel.
Je ne peux d'autre part, faire taire ceux qui m'attribuent un caractère libertin & qui parient sur la brièveté de notre amour tout en se moquant de sa promptitude.
Dans le mal que dénote chacune de leurs viles paroles, ton amour est le seul qui a su le faire taire.
« Je t'aime » peut être si beau quand il renferme l'unité de deux amants...
P-a, je t'aime